Foyer de Juzet de Luchon le vendredi 16 octobre à 20h30 : LOLA MONTÈS de Max Ophüls 1955

Lola Montès a d’abord appartenu au tout petit groupe de ces œuvres majeures qui ont provoqué des « batailles », comme Hernani de Victor Hugo ou Le Sacre du Printemps d’Igor Stravinski. L’inventivité, l’originalité de ce dernier film de Max Ophüls ont été très mal comprises, voire violemment attaquées, lors de sa sortie en 1955, malgré le soutien de cinéastes de renom : film trop cher, esthétiquement insupportable, actrice ( Martine Carol ) nullement expressive, etc…     Il a fallu attendre 2006 pour qu’il soit restauré et présenté à Cannes dans sa forme première voulue par le réalisateur et approuvée par son fils Marcel Ophüls, après des années de purgatoire. Il a donc été peu vu en salle de cinéma, dans le format pour lequel il a été réalisé. C’est l’occasion rare, grâce à Cinévallée, de pourvoir le découvrir ainsi.

Trouvailles visuelles, fulgurances de mise en scène et explosion de couleurs composent une œuvre foisonnante d’inventivité, parabole tragique sur une héroïne devenue monstre de foire : Ophüls tourne une folie. On lui impose Martine Carol, alors qu’il songe à Danièle Darrieux. On lui impose la couleur (Eastmancolor), le CinémaScope et la stéréophonie. Mais il n’aime pas ça. Alors il joue avec et innove. Il étire plus ou moins le format de l’écran selon les scènes, utilise les couleurs, dominantes rouge ou bleue, en fonction des états d’âme de Lola. En Monsieur Loyal ( Peter Ustinov ) court partout avec son fouet, tandis que Lola enchaîne et interprète les tableaux de sa vie sur la piste flamboyante. On comprend mieux, au visionnage, l’audace du film pour son époque et son auteur. Le passage à la couleur ne se fait pas en douceur, elle explose de toutes parts, dans une ouverture baroque où l’on présente, dans un cirque américain gigantesque, le personnage principal et sa destinée sous forme de spectacle. Cette idée de spectacle de cirque qui structure le film est superbe : de belles transitions, toutes plus inventives les unes que les autres, symbolisent le numéro d’équilibriste que représente  la vie de Lola, sa conquête des cœurs et des villes européennes dans une circularité d’une grande maîtrise. La réflexion qui s’en dégage sur le monde du spectacle, sur le concept même de scandale, est fascinante et particulièrement profonde. Jusqu’au bout, dans un final d’une grande violence muette, Lola reste la courtisane, la cible des voyeuristes, la prostituée de luxe d’un monde éperdu de divertissement. Quelle actualité, en 2026 !

Pour aller plus loin

> Présentation du film :

https://www.dvdclassik.com/critique/lola-montes-ophuls

> Le personnage de Lola :

> Un dossier complet très intéressant -> descendre dans la page-écran jusqu’à la rubrique MAGAZINE :

https://www.cinematheque.fr/film/50426.html

septembre 30, 2026