RIZ AMER de Giuseppe De Santis le 15 février 20h30 1er étage au foyer de Juzet de Luchon

Cinéaste majeur du néoréalisme italien, Giuseppe De Santis en est pourtant aujourd’hui une des figures méconnues. Entre la dénonciation de la guerre et du fascisme chez Rossellini et la peinture de l’injustice sociale chez De Sica, le réalisateur occupe une place à part, lui qui s’intéressa à un mal plus profond de la société italienne : la corruption des âmes populaires. Son chef-d’œuvre Riz amer (Riso amaro) dévoile sa vision d’un monde rêvé où la solidarité et la conscience de leurs valeurs ancestrales permettent à des personnages situés tout en bas de l’échelle sociale de triompher de la cupidité et de la jalousie. 

De Santis signe une œuvre qui est à la fois une illustration de ses convictions et une réussite narrative et esthétique indéniable. L’entame du film illustre à elle seule son utilisation créative des préceptes néoréalistes : dans une gare, un reporter de la radio commente le départ du convoi des « mondine« , femmes modestes venues de différents horizons, vers les rizières des plaines du Pô où l’on a besoin d’une importante main d’œuvre.  De Santis introduit alors dans cette grande fresque collective une intrigue, qui se focalise sur une poignée de personnages : au milieu de la foule dans laquelle ils cherchent à se cacher, Francesca et son amant Walter tentent de fuir après avoir volé un luxueux collier dans un hôtel. Walter est alors attiré par Silvana, une mondine qui danse sur le quai. Et ce qui pourrait n’être qu’une intrigue de roman photo va permettre une découverte de l’univers du travail et des luttes populaires. Impossible malgré tout de ne pas succomber au charme de Vittorio Gassman, à la sensualité de Silvana Mangano, au sourire de Raf Vallone et à la vertu retrouvée de Doris Dowling.

Retroussons donc notre pantalon, enfilons nos bottes et enfonçons-nous dans la boue des rizières italiennes en chantant, afin de renouer avec notre humanité dans l’effort partagé. 

Pour aller plus loin

> Une belle analyse du film 

> Une remarquable présentation du film en vidéo

Présentation du film par Pascale Raynaud

février 2, 2026