Le Mot du Président
Kitschissime mais pas que… gladiateurs, dieux et cinéma : que reste-t-il du péplum ?
Le cinéma peut se cataloguer en sous-genres que l’on connaît bien : polar, comique , western, aventure, horreur, comédie musicale, guerre, cape et épée, comédie romantique, drame social… et parmi ces sous-genres, bien singulier, bien original, bien caractéristique, bien identifiable : le péplum.
Que vous connaissez forcément parce que vous l’avez rencontré au détour d’une salle de cinéma : “Ben-Hur”, “Cléopâtre”, “La Chute,de l’empire romain« , « Hercule », “Jason et les Argonautes« , « Quo Vadis », « Spartacus », “Les Derniers jours de Pompéi”, « Dalila« , “Barabbas« , “Ulysse« , “Goliath”, et des centaines d’autres…
Made in Cinecitta et Hollywood.
Parmi eux, démesuré, colossal, pharaonique, parmi les immenses monuments cinématographiques du genre péplum: “ Les Dix commandements” (Cecil B DeMille 1956).
Les caractéristiques du genre vont jusqu’à la convention : cadreantique ou biblique, personnages héroïques – empereurs, esclaves ,gladiateurs, figures de la mythologie , spectacle grandiose, décorsmonumentaux et foules innombrables, actions spectaculaires -batailles, duels. Une dimension morale et éthique : le Bien et le Mal,le tragique du destin.
Au-delà de ce cadre, le péplum c‘est – pourrait-on dire – le cinémapar excellence, sa quintessence : divertissement, avec des scènes épiques ( ah…la course de char dans Ben-Hur” !), dépaysement avec la mise en scène d’une antiquité revisitée dans de belles images colorées (c‘est le triomphe du technicolor !). Et tous les clichés, jusqu’à la caricature : héros musclés et bodybuildés (ah… les biceps huilés de Charlton Heston ou Steve Reeves) , décors et costumesspectaculaires (le Colisée de Rome reconstruit…, héroïnes starifiées (ah … Liz Taylor sortant du bain, coiffure, bijoux, voiles transparents ,maquillage dans “Cléopâtre”). Effets spéciaux inédits , avant lenumérique(ah…le passage de la mer Rouge dans “Les Dix Commandements” ! )
L’Histoire revisitée, réécrite, bousculée , tourmentée – on revisite même la Bible, excusez du peu ! -, une vision stéréotypée, des scénarios superficiels, un manque de rigueur historique, du kitsch à la vulgarité, les limites du genre. Mais ne vous y trompez pas : les plus grands réalisateurs s’y sontcollés, les plus grands acteurs y ont joué (parfois dans un belle perspective shakespearienne), certains titres font date dans l’histoire du cinéma.Un cinéma populaire, divertissant, à grand , à très grand spectacle, qui réinvente le récit épique. Et fait de chaque spectateur un enfant émerveillé.
Bon film (3h40 de projection en deux temps , titanesque!)
Bon débat !
Jean Paul DURAND