Mandigo de Richard Fleisher à Juzet de Luchon le 18 septembre à 20h30

Mandingo ( 1975 ) représente à proprement parler un véritable  choc cinématographique.

Violent, anticonformiste, dérangeant, avant-gardiste : les superlatifs ne manquent pas pour qualifier ce film adapté d’un roman de Kyle Onstott mais complètement repensé par le réalisateur Richard Fleischer et le scénariste Norman Wexler (qui venait de signer le scénario de Serpico). Filmé avec une mise en scène virtuose, Mandingo montre la réalité de l’esclavage dans ses aspects les plus sordides. Richard Fleischer a eu à coeur de mettre en lumière le système esclavagiste dans toute son horreur. Des enfants, des femmes et des hommes méprisés, rabaissés au rang de bétail et vendus comme tel. Des enfants, des femmes et des hommes soumis au bon vouloir de propriétaires avides et souvent incultes. Le cinéaste ne nous épargne rien : un enfant utilisé comme repose-pied pour guérir les « rhumatiz » de son maître ; une jeune femme déflorée par le fils de ce dernier ; des hommes « élevés » pour se battre  entre eux ( les mandingos ) ; des familles brutalement séparées… Fleischer ne se contente pas de filmer ces moments abjects, il en montre tout l’environnement, décrivant le processus qui conduit à ces actes insupportables. Les principaux protagonistes y sont magistralement incarnés par James Mason, Perry King, Ken Norton, Susan George et Brenda Sykes. Et la musique enjouée de Maurice Jarre vient en contrepoint souligner l’horreur des situations avant de se désaccorder lors de séquences étouffantes.

Mandingo est donc l’antithèse d’Autant en emporte le vent ( Fleming, 1939) : la plantation Falconhurst ne ressemble en rien à Tara, le domaine de Scarlett O’Hara, où travaillaient des esclaves dociles et heureux, 

Ce grand film, dur et poignant, qui a influencé Quentin Tarantino pour Django Unchained, n’a aujourd’hui rien perdu de sa force. Richard Fleischer, « l’artisan » sous-estimé, à qui l’on doit Vingt milles lieues sous les mers, Les Vikings  ou Soleil vert, atteint son objectif. Rarement l’esclavage a été montré ainsi dans toute sa cruauté.

POUR ALLER PLUS LOIN :

> Un résumé du film :

https://www.cineclubdecaen.com/realisateur/fleischer/mandingo.htm

> Une lecture assez compète des divers aspects du film :

https://legoutducinema.blogspot.com/2018/12/mandingo-r-fleischer-1975.html

> Une présentation par la « Fondation pour la mémoire de l’esclavage » :

https://memoire-esclavage.org/mandingo-lhorreur-de-la-plantation

> La vidéo d’une présentation sans concession, par Arthur Harari :

« Mandingo a été majoritairement descendu par la critique et taxé de raciste, alors que c’est un des films les plus intrinsèquement antiracistes qui soient. »

https://www.lacinetek.com/fr/film/mandingo-richard-fleischer-vod

septembre 13, 2026